CONSTITUTION ET DROITS DE L’HOMME

4 septembre 2010

CONSTITUTION FRANCAISE :

Article premier

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.

DECLARATION DES DROITS DE L’HOMME :

 Article premier 

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. 

OU MANIFESTER LE 7 SEPTEMBRE ?

4 septembre 2010

Mardi 7 septembre, une intersyndicale CGT – CFDT – CFTC – FSU – UNSA – SOLIDAIRES – FO – CFE-CGC, ainsi que FO et l’opposition de gauche appellent à une journée nationale de grèves et de manifestations contre la réforme, qui relève de 60 à 62 ans l’âge légal de départ en retraite. Pour ceux et celles qui souhaitent participer aux cortèges, voici les principaux rendez-vous :

A Paris, la manifestation principale partira de la place de la République à 14h. Force Ouvrière (qui exige le retrait du texte et ne fait donc pas partie de l’intersyndicale) donne, quant à elle, rendez-vous à l’angle de la place de la République et de la rue du Temple à 13h30.

Voici quelques-uns des nombreux autres rendez-vous fixés à l’appel de l’intersyndicale :

A Lyon, les manifestants sont appelés à se rendre devant la Manufacture des Tabacs à 10h30.

A Lille, le cortège partira de la porte de Paris à 14h30

A Nantes, le rendez-vous est fixé place du Commerce à 14h30

A Marseille, la manifestation partira du Vieux port à 10h30

A Montpellier, les manifestants doivent se rendre place du Nombre d’or à 15h

A Rennes, le défilé partira de l’avenue Janvier à 11h

A Toulouse, les manifestants ont rendez-vous place A. Bernard à 14h30

A Bordeaux, le rendez-vous est fixé aux Allées de Tourny à 11h

A Strasbourg, le cortège partira de la place de la Bourse à 14h30

A Limoges, la manifestation débutera place de la République à 10h

A Brest, les manifestants devront se rendre place de la liberté à 10h30

Au Havre, le rendez-vous est fixé à Franklin à 10h.

A Orléans, le cortège partira de la place du Martroi à 10h30

A Saint-Etienne, les manifestants doivent se rendre devant la gare de Châteaucreux à 10h15

A Nice, le rendez-vous est fixé place Masséna à 10h

Chronique des vacances : EPISODE 7 – C’est la rentrée !

3 septembre 2010

C’est la rentrée !

Yes ! J’ai préparé mon petit cartable Lancel, mon iPad, mon iPhone, mon Blackberry et mes bonbons à la menthe. J’ai enfilé mon plus beau costume Hugo Boss, ma plus belle chemise Yves Saint-Laurent ornée de sa cravate Dior et mes plus belles chaussures Gucci. Me voilà fin prêt pour la rentrée.

Une bise rapide à ma femme et mes gosses qui se préparent à s’engager sur le chemin du collège « Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus », un établissement privé haut de gamme réservé à l’élite de la région et qui coûte quand même la bagatelle de cinq cents euros par mois et par enfant, hors cantine. Comme j’ai trois enfants inscrits (le petit dernier est heureusement encore trop jeune), cela me coûte donc la modique somme de mille cinq cents euros par mois, hors cantine. Si j’insiste tant sur cette histoire de cantine c’est que le prix de ladite est totalement prohibitif : cent cinquante euros par mois et par enfant, ce qui nous fait quatre cent cinquante euros ajoutés au mille cinq cents de scolarité pour un total de mille neuf cent cinquante euros mensuels. Auxquels il faut ajouter les cours de piano, de danse, de tennis, pour deux cent-dix euros par mois. Une broutille lorsque, comme moi, on gagne sept mille cinq cents euros net par mois auquel il faut ajouter les allocations familiales de quatre cent cinquante euros et que l’on a investi dans les îles Caïman pour ne pas payer d’impôts ou presque. Les chiffes ça me connaît, je sais de quoi je parle : je suis directeur administratif et financier de profession.

Je me dirige vers mon garage à ouverture électrique télécommandée, me glisse dans ma Mercedes CLS 350 CDI gris métallisé et roule bientôt sur l’A 118 en tout confort.

Le bonheur total, la sérénité, le Nirvana, le… la… merde totale !

Comment vouliez-vous que j’annonce à ma femme que j’avais été licencié juste avant nos vacances en Grèce et qu’il faudrait peut-être légèrement revoir notre train de vie. Elle s’est bien un peu étonnée de ne pas me voir trimballer en permanence mon MacBook Pro sur les plages baignées de soleil et lui déclarer que j’avais décidé de reprendre ma vie en main, de ne plus être esclave de mon travail, etc, etc… Tu parles Charles ! Si encore j’avais touché les indemnités de licenciement et eu droit de m’inscrire chez Paul Emploi. Mais non, bernique ! Licenciement pour faute grave qu’ils ont dit, tout ça parce que j’avais détourné une légère somme de trois cent vingt mille euros aux seules fins d’acheter cette magnifique maison dans la Vallée de Chevreuse qui plaisait tant à Véro. Véronique, c’est ma femme. Je n’ai jamais su lui résister. Il faut dire qu’elle sait se montrer persuasive, Véro. Le chantage au divorce est son arme préférée. Je sais bien que ce n’est qu’une plaisanterie mais quand même, quand j’y réfléchis parfois…

Bon, Que vais-je faire maintenant ? Où vais-je aller ? Comment rebondir ? J’ai bien découvert un site formidable : senioragir.fr, sur lequel je pourrais m’inscrire mais en tant que quoi ? Avec les casseroles qui me traînent au cul ça ne va pas être facile de retrouver un emploi, vite et surtout à ce niveau de salaire…

Tiens, un gendarme qui fait du stop. Pas banal ça… Heu, non il ne fait du stop, il ME stoppe !

Comment ? Vous êtes-sûr ? Je roulais à cent quatre-vingt trois sur une portion limitée à cent-dix ? Nooon ?! Siii ? Toutes mes excuses, monsieur l’agent, je pensais à autre chose et…

Cent quatre-vingt euros d’amende, six points en moins et immobilisation immédiate du véhicule ?… Bien, bien, bien. Mais ce n’est pas possible ! C’est un cauchemar ! Je vais me…

…RÉVEILLER !

C’est la rentrée !

J’ai préparé mon petit cartable, mon cahier à spirale, mon vieux Nokia, mes bonbons à la menthe. J’ai enfilé mon plus beau costume Celio, ma plus belle chemise Monoprix ornée de sa cravate du même nom et mes chaussures Carrefour. Me voilà fin prêt pour la rentrée.

Une bise rapide à ma femme et mes gosses qui se préparent à s’engager sur le chemin de l’école communale. Comme j’ai trois enfants inscrits (le petit dernier est heureusement encore trop jeune), cela me coûte donc la modique somme de quatre cent cinquante euros par an pour la cantine. Si j’insiste tant sur cette histoire de cantine c’est que le prix de ladite est totalement prohibitif : quatre cent cinquante euros par an ! Auxquels il faut ajouter les cours de piano, de danse, de tennis, pour cent quatre-vingt euros par mois. Une somme importante lorsque, comme moi, on ne gagne que deux mille trois cents euros et quatre-vingt-sept cents net par mois auxquels il faut ajouter les allocations familiales de quatre cent cinquante euros . Heureusement que l’on ne paie pas d’impôt parce que l’on ne gagne pas assez pour cela. Les chiffes ça me connaît, je sais de quoi je parle : je suis comptable de profession.

Je me dirige vers ma place du parking extérieur qui borde mon immeuble crasseux, me glisse dans ma Clio gris métallisé et roule bientôt sur l’A 118 en surveillant sans cesse ma vitesse. Pas envie de me faire choper par un radar.

La sérénité… La tranquillité de l’esprit. La vie, quoi !

Chronique des vacances : EPISODE 6 – Mauvais temps !

23 août 2010

Il pleut. Voilà maintenant près d’une semaine qu’il pleut et je ne sais plus quoi faire de ma petite famille recroquevillée sous la tente qui fuit de partout. Nous avons déjà visité trois fois les écomusées agricoles de la région, deux fois le musée de la coiffe bigoudène, été traîné cinq fois au centre commercial régional. Que faire ? Oui, je sais, la prof de géo me l’a suffisamment répété : la France est en zone temps pourri.

-         Tempérée, monsieur Guillaume ! Et cessez de faire le pitre ou je vous envoie faire un tour dans le bureau de monsieur Hortefeux, le surveillant général !

Tempéré, temps pourri, du pareil au même tout ça. Et dire qu’on nous bassine tous les soirs ou presque avec le réchauffement climatique. Vous avez remarqué ? Plus la planète se réchauffe plus on caille.

-         C’est normal, élève Guillaume ! Puisque la planète se réchauffe, les glaces à la fraise du pôle Nord fondent, refroidissent l’eau saumâtre de l’Atlantique Nord, provoquant de facto une poussée équivalente des cyclones venant du Pacifique Sud ce qui entraîne un réchauffement brutal des fesses de ma belle-sœur. C’est l’effet papillon.

-         Si je comprends bien tout, plus il va faire chaud et plus il va faire froid alors. Alors pourquoi qu’on s’inquiète ?

-         Parce que, cancre Guillaume, le refroidissement n’est que temporaire et ponctuel, voire localisé, tandis que le réchauffement, lui, est durable. D’ailleurs, vous remarquerez que le plus important dans tout ça n’est pas tant l’élévation importante de la température…

-         Parce que vous trouvez que dix-sept degrés Celsius un dix-huit août, c’est une température trop élevée vous ?

-         Evidemment, crétin d’élève Guillaume. Si nous remontons aux mesures des cinquante dernières années…

-         Mais M’dame, du temps des dinosaures il faisait bien plus chaud que ça et puis la plupart des îles actuelles n’existaient pas, ce n’étaient que des collines et si les vallées n’avaient pas été envahies par la montée des eaux…

-         Bougre d’abruti d’élève Guillaume, les dinosaures n’étaient pas des humains. A cette époque, le climat pouvait changer comme il le voulait tout le monde s’en foutait. Maintenant il y a l’Homme et ce n’est plus du tout pareil. Pensez à ce que toute cette nouvelle filière va créer comme emplois : les fabricants de panneaux solaires qui vont se faires des testicules en platine, les marchands de glaces qui vont voir leur stock fondre, les monteurs des films d’Arthus-Bertrand et Hulot qui vont se suicider et donner du travail aux pompes funèbres, etc…

-         Ah… Vous voulez dire que la nature doit s’arrêter d’évoluer à partir du moment où l’être humain apparaît sur Terre ?

-         Heu… Non, bien sûr que non. Mais enfin si, un peu quand même. L’Homme est intelligent et raisonné, pas la Nature. Donc c’est à l’Homme de contrôler la Nature et non l’inverse.

-         Mais alors les tremblements de terre meurtriers, les cyclones ravageurs et autres tsunamis assassins auraient pu être évités. Des centaines de milliers de personnes auraient pu être épargnées si les hommes avaient fermé leur robinet en se lavant les dents et éteint leur moteur de voiture à chaque feu rouge.

-         Oui, absolument !

-         Et si je me gèle les valseuses en plein mois d’août c’est parce que des milliards d’inconscients respirent et dégagent des tonnes de CO2 chaque minute dans l’atmosphère ?

-         Non mon petit. Ca c’est parce qu’on ne va pas passer ses vacances n’importe où pauvre petit con ! Et puis d’abord, vous êtes de quelle origine ?

-         Parisienne, M’dame.

-         Et vos parents ?

-         Mon père est parisien et ma mère bretonne.

-         Bretonne ? Tout s’explique. Arrêtez de jouer au plus malin avec moi élève Guillaume sinon j’en réfère au ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement pas solidaire, moi ! 

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s’écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?…
Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !

Paul Verlaine était-il lui aussi une victime du réchauffement climatique ou passait-il ses vacancecs en Breatgne ?

483 OFFRES D’EMPLOI !

20 août 2010

Près de deux cent nouvelles offres en informatique.

De nouvelles offres arrivent tous les jours : CDI, CDD, stages, apprentissage…

N’hésitez pas à venir les consulter !

Chronique des vacances : EPISODE 5 – SUR LA PALGE… (suite)

6 août 2010

Ah… Mes amis ! Le doux bruit du ressac, l’adorable cri des mouettes rieuses, la formidable morsure du soleil sur la peau, l’onéreuse facture du Snack de la plage, le…

Tiens, je reconnais ! C’est l’intro de « Ma petite entreprise » de Baschung. Ce qui signifie en clair que mon portable est en train de sonner. Où l’ai-je fourré déjà ? Ah ben oui, ils est là, bien sage, sur ma serviette de bain, à portée de main. Je l’attrape et appuie bêtement sur la touche verte. Un réflexe stupide, je vous l’accorde mais on ne se refait pas. Dans notre société moderne, rien à faire : lorsque son téléphone sonne on décroche.

-   Allo oui…

-   Alex (c’est moi), excuse-moi de te déranger pendant tes vacances (c’est Eric, mon chef de service, il n’a pas besoin de se présenter d’abord parce qu’il est impoli de culture ensuite parce que je reconnaîtrais sa voix entre un paquet d’autres rien qu’à son ton sarcastique et supérieur. Rien que le fait de s’excuser chez lui c’est une vanne) mais je cherche le dossier Baite en cours sur le serveur et je ne le trouve pas.

-   Bonjour Eric…

-    Oui, oui, bonjour. Alors, ce dossier, il est où ?

-   Sur mon poste. Je ne l’ai pas terminé et…

-   Pas terminé ? Tu te moques j’espère ? Tu veux dire que tu es parti une semaine en vacances sans avoir bouclé un dossier de la plus haute importance ?

-  Non. Enfin oui mais il n’est pas si impor…

-   Tu rigoles ? J’ai la mère Trichet qui me le réclame de toute urgence. Qu’est-ce-ce que je lui réponds moi ?

-  Mais elle en vacan…

-  Peut-être mais elle travaille, elle, même en vacances. C’est pas comme certains qui ne fichent rien même quand ils sont au travail.

-   C’est pour moi que tu dis ça ? Parce que je te rappelle qu’on me doit trois cinquante-deux heures sup plus douze jours de RTT plus…

-   Oui, oui, bon, ce n’est pas mon problème. Vois ça avec la DRH. En attendant il en est où ce dossier ?

-   Ben je te l’ai dit, je ne l’ai pas terminé.

-   J’ai compris, je ne suis pas sourd. Il te faut combien de temps pour le terminer ?

-  Heu… quatre, cinq heures je pense, peut-être six.

-  Super ! T’as emmené un portable avec toi ?

-  Moi non. Ma fille a son Toshiba mais…

-  Très bien. Je suppose que tu n’es pas au fin fond de l’Afrique noire et que tu as une liaison Internet, WIFI où je ne sais quoi où tu es.

-  Heu… Peut-être… Sûrement mais…

-  OK. Alors finis-moi ce dossier d’ici ce soir et envoie-le moi par mail. Je compte sur toi.

-  Mais comment veux-tu que je…

-  Veux pas le savoir.  Tu prendras une demi-journée de récup en échange si tu veux.

-  Ah, tu parles ! Je ne peux déjà pas…

-  Allez, salut ! J’attends ton boulot avant dix-huit heures.

-  Dix-huit heures ? Mais c’est impossible, il est déjà…

-  Dix-huit heures dernier carat. Faut que j’aille chercher ma fille à la danse. Sinon t’es viré.

-  Hé ! Mais…

Clic. Enfin non, les téléphones portables ne font plus clic, ni bip-bip, mais il a raccroché, ça c’est certain Juste un silence abyssal plein de menaces indicibles comme le calme avant la tempête. La zoubia quoi. La chienlit, le bordel, en un mot comme en cent : la merde. Et comment je vais annoncer ça à Françoise et les gosses alors qu’on devait aller visiter l’aquarium cet après-midi avant d’aller manger une glace sur le front de mer. Tout le monde s’en faisait une fête. Enfin eux en tout cas car moi, bof, je n’ai jamais été friand de…

Tiens, je reconnais ! C’est l’intro de « Music » de Madonna. Cette fois ce n’est pas mon portable qui sonne c’est celui de mon voisin de serviette (on n’a pas la même mais elles se touchent de si près que l’on pourrait le croire). 

-  Allo oui…

-  …

(le gars n’est visiblement pas content)

-  Bonjour, Annie.

-  …

-  Il est sur le serveur mais comme tu le sais je n’ai pas eu le temps de…

-   …

(De moins en moins content)

-  Mais je suis en vacan…

-  …

(Il tient bon)

-  Bon, bon, je vais voir ce que je peux faire mais je ne te promets rien…

-  …

(Décomposition, pâleur soudaine : une semaine de bronzage foutue)

-  Ah d’accord ! Bonjour l’ambiance. Ok, OK… Oui, ça va, j’ai compris…

Tiens, je reconnais ! C’est l’intro de « Let’s dance » de David Bowie…

Chronique des vacances : EPISODE 4 – SUR LA PLAGE…

3 août 2010

Je faisais doucement revenir mon corps apollinien sur la plage, dix minutes sur le dos, dix minutes sur le ventre, lorsque je fus témoin d’un dialogue étonnant. Non que je sois ce ces indiscrets qui ont l’oreille distendue par l’écoute des conversations du voisinage, mais force m’était d’entendre vu la promiscuité due à l’affluence. J’avais près de moi, et lorsque je dis près c’est vraiment très près puisque je pouvais renifler les odeurs émanées par leurs orteils, deux hommes âgés d’une quarantaine d’années à vue de nez. Vous voudrez bien excuser cette digression mais avez-vous remarqué comme certaines expressions sont particulièrement dénuées de sens ? « A vue de nez » par exemple : que peut-on bien voir avec son nez à moins d’être très mal fini par sa pauvre mère ? C’est comme « mettre de l’argent de côté pour en avoir devant soi ». Cela doit être réservé aux contorsionnistes. Mais brisons là car je m’égare (de Lyon) .

Les deux hommes étaient équipés de lunettes de soleil Georgio Armani pour l’un et Ray Ban pour l’autre. Manifestement, ils ne transpiraient pas le besoin comme moi qui avait dû piocher dans le Livret A de mon fils pour payer la location du camping sans en rien dire à mon épouse. Pas grave, je le rembourserai au retour, enfin j’espère. Avec les soixante-dix euros que j’investis chaque semaine dans les jeux de grattage, tirage, léchage et autres jeux de casino en ligne, c’est bien le diable si… Mais je m’égare (Montparnasse) à nouveau.

 

Les deux nantis étaient donc allongés côte à côte, leurs pieds reposant sur le haut de ma serviette et effleurant de temps à autre ma chevelure samsonesque après que Dalila ait opéré.

Je n’écoutais pas, je vous le jure, je ne faisais qu’entendre. Le premier : GA (comme Georgio Armani) s’adressait au second : RB (comme Ray Ban) :

 

GA : Qu’est-ce que tu en penses toi de cette montée du chômage ? Tu crois que ça va s’arranger ?

RB : Bah ! Tout ça ç’est du vent ! Du travail il y en a, il suffit de se baisser, mais la plupart des français sont bien trop paresseux pour le prendre. Et puis il y a un vrai problème avec les seniors et les juniors.

GA : Ah oui ?

RB : Ben oui ! Les juniors veulent être chef tout de suite et gagner un max sans prendre le temps de rien apprendre, l’iPhone sur les oreilles, et les seniors voudraient rester chef et gagner un max alors qu’ils ne savent même pas lire et écrire sur un iPad. Ils ne comprennent pas que les vrais chefs c’est nous et qu’on ne va pas leur céder la place de sitôt. Surtout que maintenant il va falloir travailler jusqu’à pas d’âge.

GA : C’est vrai mais ça n’empêche pas qu’ils aient des compétences et…

RB : mais on s’en tape de leurs compétences ! Qui ça intéresse ? Tout ce qu’il faut c’est ramener un max de fric au plus vite en coûtant le moins cher possible. C’est ça la règle.

GA : Et toi tu…

RB : Moi ? pas de problème mec. J’ai trouvé la combine. Je me suis fais nommer DRH. Je gagne un max et je peux éliminer d’office les candidats trop dangereux.

GA : Dangereux ?

RB : Ben ceux qui visent ma place, tiens ! Ca se voit tout de suite. Rien qu’en les étudiant dix secondes tu vois si le candidat ou la candidate se dit « Toi, mon bonhomme, un jour je serai à ta place et le plus tôt sera le mieux. ». Ceux-là je te les élimine vite fait bien fait. Mais il y a tous les autres : les vieux…

GA : Les vieux ? Tu reçois des vieux ?

RB : Oui enfin les plus de cinquante piges quoi. Ceux-là je me débrouille pour avoir une réunion de dernière minute ou je les refile à un stagiaire avec la consigne formelle de ne pas les prendre, à plus forte raison si ce sont des noirs, des beurs ou des femmes. On n’est pas l’armée du salut. Et puis il y a aussi les handicapés…

GA : Ah oui, ça c’est pas cool.

RB : Tu l’as dit ! Ce sont les pires ! On dirait que tout leur est dû sous prétexte qu’ils ont une mauvaise vue ou qu’ils sont en fauteuil roulant. Faut pas déconner ! Les moins chiants ce sont les handicapés mentaux parce qu’eux, au moins, ils ne comprennent pas le quart de ce que tu leur dis si tu te donnes la peine d’employer des phrases un tant soit peu alambiquées. C’est plus cool.

GA : En somme t’as un boulot vachement compliqué.

RB : T’as raison ! En plus on a l’obligation de recevoir un minimum de cent personnes par mois pour rentrer dans les statistiques et en même temps on nous dit qu’il ne faut embaucher personne parce qu’il n’y a pas le budget. Tu parles d’une galère… Heureusement, il y a des compensations : voiture de fonction avec chauffeur, bureau de soixante mètres carrés avec vue sur la Seine, quatorzième mois, stock-options… Faut pas se leurrer mon vieux : à trente-huit ans, on n’a plus toute la vie devant soi. Dans dix ans maxi soit on est P-dg soit on est comme tous ces loquedus alors autant s’en mettre un max dans les poches en attendant et basta cosi.

GA : Ouais. Sacrée galère…

 

Je ne sais pourquoi, peut-être l’abus de soleil, mais j’ai eu soudainement la nausée et ai ressenti une envie irrépressible de me plonger dans la mer. Après un petit quart d’heure à tenter d’éviter les corps rôtis à point, les baleines meurtrières (celles des parasols évidemment, on n’a jamais vu de baleine en Normandie hormis celles en maillots deux pièces arborant collier en or de chez Cartier, ongles rouges de chez Dior et tongs dorées de chez YSL), les balles en plastique fusantes et les mômes braillards vous projetant une tonne de sable dans les yeux, j’atteignais enfin le rivage. Brrr… Plutôt frisquette aujourd’hui, elle ne serait pas salée on pourrait aisément la mélanger à l’anisette (non, je ne prendrai pas partie pour le Pastis ou le Ricard ! De toute façon, je n’aime pas l’anis). Je n’avais pas fait deux mètres dans l’eau glaciale (on n’a pas idée de prendre ses vacances en Normandie. Remarquez, c’est beau la Normandie, il y a plein de trucs à voir : les falaises, les plages de galets, les haras, les… Mais je m’égare (du Nord) à nouveau… A peine le temps de bleuir façon schtroumpf donc que j’entendais deux nanas permanentées et vêtues de maillots une pièce dernier cri, discuter près de moi :

 

ADIDAS : Tu en penses quoi, toi, de la situation économique ? Tu crois qu’on va s’en sortir ?

NIKE : Bah ! Tout ça c’est du vent ma chère ! Quand on veut on peut. Le fric, il n’y a qu’à se baisser pour le ramasser mais quand on est paresseux comme les juniors et sclérosés comme les seniors c’est sûr que ça ne le fait pas…

 

Aïe ! Douleur intense, paralysie de la jambe droite, nausée violente… AVC ? Embolie cérébrale ? Non. Je venais juste de marcher sur une méduse. Je croyais que ça aimait l’eau chaude les méduses, pas l’eau glaciale de la Normandie.

Il est vrai que le monde est tellement détraqué…

EPISODE 3 : NE PENSER A RIEN…

22 juillet 2010

Ah !… Ne penser à rien : voilà le véritable plaisir des vacances !

Sauf que…

Ne penser à rien n’est pas aussi aisé qu’il y paraît. C’est même un véritable travail, oserai-je dire un art. Car le simple fait de penser que l’on ne pense à rien c’est déjà penser à quelque chose et hormis quelques décérébrés qui nous gouvernent (non, je ne citerai pas de nom) ou qui rêvent de nous gouverner (là encore, je respecterai leur incognito) il est extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, de ne penser à rien. Car lorsque je dis rien il s’agit bien du néant, du vide total, de l’absence abyssale. Le problème est que lorsqu’on ne veut penser à rien on commence par le vouloir, donc y penser : c’est mal parti.

Pourtant, le temps des vacances est propice à ce genre d’exercice même si certains s’y entraînent à longueur d’année.

Le soleil brille (si l’on n’a pas eu l’idée saugrenue de passer ses congés au pays basque ou en Bretagne), l’eau de mer est douce (salée ! allez-vous me contredire mais je parlais de la température et non de sa teneur en sodium ni du montant de l’addition du restaurant de la plage), le sable est chaud et sent bon le légionnaire. L’esprit vagabonde… Raté ! Si l’esprit vagabonde c’est que vous ne contrôlez pas vos pensées, pas que vous ne pensez à rien. Vous ne pensez à rien de précis mais vous pensez à quelque chose, pire ! à de multiples choses même si ce sont des riens.

Dressons le portrait-robot  type de l’individu qui ne pense à rien : le sexe n’a aucune importance (c’est assez rare pour le signaler) ; ce peut être un mâle ou une femelle, un enfant, un ado ou un adulte bien que les ados soient plus talentueux pour ne penser à rien, sans doute une question de circulation hormonale. Il a l’œil atone, perdu dans le vague (ou les vagues s’il ne passe pas ses vacances à la ferme ou dans la « magnifique  petite maison de campagne » où il se sent coincé depuis quinze ans), et… il ne pense à rien.

Je vous vois venir avec vos gros sabots de Lorraine, tontaine et tonton : vous allez m’affirmer tout de go que cet individu là est saoul comme une vache à cause de l’excès d’anisette et de rosé de Provence au repas de midi. Vous remarquerez que je refuse d’entrer dans la polémique qui oppose les pastissiens et les ricardiens depuis des lustres, c’est pourquoi j’écris anisette. Et bien je m’inscris en faux. On a vu plein de vaches folles ces derniers temps mais jamais de vaches ivres et surtout pas pour cause d’abus d’anisette ou de rosé de Provence. En revanche, si l’on étudie avec attention le regard velouté d’une vache on peut en conclure assez facilement qu’elle ne « pense à rien » sauf, peut-être, lorsqu’un train passe aux abords du terrain de camping et qu’elle rêve de s’évader vers les grands espaces de l’ouest américain et se faire draguer par un bison futé et séduisant. Mais là, je frise l’extrapolation car à la vérité nul ne sait si une vache pense ou non. Sa peau, oui. Rien de plus terrible qu’une peau de vache mais la vache elle-même…

En bref, lorsque nous ne pensons à rien nous ressemblons à une grosse vache ce qui ,à la réflexion, n’est pas très flatteur. D’autant que tout au long de l’année on s’est fait traité, selon les circonstances, d’ours mal léché, de mouton ou de veau, de requin ou d’aigle, de couleuvre, d’étalon (beaucoup plus rarement), de sale chienne, de pie bavarde, de chameau, de tête de mule, d’âne bâté… une véritable arche de Noé à nous tout seul !

Finalement, en y réfléchissant, je crois que je vais me remettre à penser. Mais à quoi ?

EPIDODE 2 : Le départ.

14 juillet 2010

 

Çà y est ! C’est le grand jour. La voiture est pleine comme un œuf d’autruche et nous roulons, moi et ma petite famille vers le soleil. Enfin quand je dis roulons c’est une manière de s’exprimer car en fait de rouler un escargot centenaire irait plus vite que nous. Déjà deux heures que nous avons quitté Paris et nous n’avons parcouru que treize kilomètres ! Quelle idée aussi de partir un samedi classé noir par Bizon futé me direz-vous. Et bien allez dire ça aux loueurs qui, égoïstement, nous obligent à réserver du samedi au samedi et attention ! Du samedi 14 heures au samedi 10 heures. Quatre heures de location perdues sans aucune ristourne.

Mais ne la jouons pas au français râleur. La vie est belle. Plus que sept cent soixante-treize kilomètres et nous serons enfin arrivés, c’est-à-dire selon mes calculs en roulant à cette allure, dans cent dix-neuf heures soit pratiquement cinq jours. Comme nous n’avons loué que pour une semaine il nous restera un jour trois-quart pour profiter de notre mobile home (mobil-home, mobil home, mobilhome, l’aurtografe est incertaine) situé à moins de trois cent mètres de la plage de sable pas très fin et envahi par les Chlorophycées (algues vertes pour les cancres du fond de la classe) mais s’il nous faut autant de temps pour rentrer que pour arriver il nous faudra faire demi-tour dans cent-dix-sept heures donc à dix-neuf kilomètres et demi de notre point d’arrivée ce qui économisera trois bouteilles de pastis, six packs de bière, douze bouteilles de rosé, deux kilos de glaces…

Ah, mince, voilà que ça se met à rouler « en accordéon », moi qui ai en horreur le bal musette et tous ses flonflons tout comme Jacques Brel. Il va falloir que je revoie tous mes calculs. Alors voyons. Sept cent soixante-treize kilomètres à la vitesse moyenne de quinze virgule deux kilomètres à l’heure nous font cinquante virgule quatre-vingt… Taisez-vous les enfants ! Papa réfléchit ! Quoi, le fossé ? Merde !!!!…

Bon, ne paniquons pas. Comptons trois heures pour que la dépanneuse arrive jusqu’à nous, deux heures pour nous remorquer au garage le plus proche qui sera fermé un samedi midi et ce jusqu’à lundi matin huit heures ; prévoyons deux jours de réparation car, évidemment, ils n’auront pas les pièces en stock, ça m’apprendra à acheter étranger ; nous serons donc mercredi midi. L’avantage certain c’est que mercredi, la journée sera classée verte par Bizon futé et nous pourrons arriver à destination mercredi soir. D’accord, après l’heure de fermeture du bureau d’accueil du camping mais bon, on pourra toujours coucher sur la plage, à la belle étoile, s’il ne pleut pas. On n’a pas besoin de sacs de couchage les sol est super doux grâce aux Chlorophycées (algues vertes pour ceux qui décidément ne suivent pas).

Comment ? Où va t-on coucher en attendant ? Mais dans la voiture évidemment ! Il n’y a pas d’hôtel à cent kilomètres à la ronde. Et puis c’est chez nous cette voiture, propriété privée. Allez, je vous le dis et je vous le répète : la vie est belle !

Et si on profitait des vacances pour se détendre les neurones ?

5 juillet 2010

Ce matin, alors qu’un beau soleil d’été se levait, s’étirant en bâillant et prometteur d’une journée magnifique passée au balcon de mon HLM de banlieue grisâtre, je fus frappé d’une révélation : c’était le temps des vacances. Le temps béni ou l’on ne pense plus à rien ou presque. Rien d’important en tout cas. Nos seules préoccupations vont tourner autour de la météo du lendemain, de la température de l’eau de mer et de la qualité de notre bronzage une fois qu’on en aura terminé avec les coups de soleil, les piqûres d’insectes et les mycoses ; on ne s’inquiétera que de surveiller notre petit carré de sable sans cesse menacé d’invasion par des vacanciers peu respectueux de notre espace vital et voulant à tout prix déposer leur glacière remplie de Kro sur notre serviette sous prétexte qu’il n’y a pas de place plus loin; on se dégourdira les jambes tous les soirs à déambuler sur la promenade du front de mer en cherchant désespérément un endroit ou s’asseoir ; on ira faire les courses à l’hypermarché du coin. Là, je vous entends déjà me rétorquer que c’est pareil le restant de l’année. Et bien pas du tout ! Car au lieu d’être pris dans la cohue tous les samedis matin parce que c’est le seul moment de libre de la semaine pour faire nos courses, nous allons nous faire ce plaisir inégalable d’y aller tous les deux ou trois jours, le matin s’il fait soleil, l’après-midi si le temps est maussade et même parfois le soir pour aller acheter la bouteille de pastis que nous avons malencontreusement vidée en deux jours ou le quatrième ballon de plage que le petit dernier a encore laissé filer dans la mer, un vent de terre le poussant vers le large plus vite qu’un catamaran au départ du Vendée Globe.

Ah ! La belle vie ! Plus rien ne peut nous atteindre. Enfin, il y a bien les prix prohibitifs du Bar des Sables, les embouteillages sans fin à la sortie de la plage, la discothèque au pied de l’immeuble qui nous empêche de dormir toutes les nuits et tous ces touristes étrangers qui viennent nous polluer avec leur langage incompréhensible en mangeant des glaces à longueur de journée au lieu de dépenser leurs euros ou leurs dollars dans nos fameux restaurants où les moules frites et la pizza reine font la gloire de la gastronomie française mais dans l’ensemble quelle joie ! Quelle sérénité !

Ah mes amis ! J’ai hâte d’y être aussi !

Dommage que l’ASS ne soit pas plus élevée.